Est-ce qu’on a aimé l’Inde ? On nous l’a posée tellement de fois, cette question… euhhh, franchement, on ne sait pas quoi vous répondre. Elle nous a perturbés, charmés, agacés, enchantés, oui, ça c’est certain, mais est-ce qu’on l’aime ? On cherche toujours la réponse, tellement elle fait naître des sentiments contradictoires dans nos cœurs de voyageurs.

Voici donc le récit illustré de nos trois semaines au Rajasthan… avec ses bons et ses mauvais côtés. ;D

(ndlr: je vous prie de m’excuser pour le nombre incalculable de photos dans cet article. J’ai la gâchette facile et le Rajasthan est incroyablement photogénique. Et encore, Alex est là pour me refréner… Des portraits, des forts et des palais de Maharadjas, des plats succulents, des scènes de rue qui parlent beaucoup plus que 1000 mots. Difficile de faire le tri. Nous voulons vous montrer à travers l’objectif tout ce que nous avons vu avec nos yeux. Mais on en a vu tellement… alors oui, ça fait beaucoup, désolée, mais je me soigne! ;D)

Agra, le 6 décembre 2017. (pour ceux qui ont suivi ;D, nous sommes arrivés du Népal à vélo puis avons pris un train pour Agra). Nous oublions très vite cet épisode malheureux de notre voyage en apercevant, au loin, le Taj Mahal. Nous arrivons au Namastey Hostel. La propreté des lieux laisse carrément à désirer. Pendant une heure, j’observe la souris qui gambade gentiment entre la salle de bains et la chambre… sur le rooftop, on essaie de manger et de discuter tranquilles mais les serveurs viennent constamment nous lancer de grands « Hey, my friend ! » sonores, nous taper dans les mains ou nous rappeler qu’il faut leur mettre un bon commentaire sur trip advisor. Quelques fois, c’est un peu exagéré.

En Inde, près de 40% de la population est musulmane. On s’endort donc au son des « Allahou Akbar » et des prières que l’Imam récite dans son micro, en espérant que la souris ne va pas bouffer nos crackers pendant la nuit!

Le lendemain matin, on se lève à l’aube pour profiter du Taj Mahal sous une belle lumière jaune et éviter la cohue de fin de matinée. On en revient pas de le voir en vrai… le bâtiment est grandiose. Par contre, l’intérieur est ultra décevant. On passera 3 heures à arpenter les extérieurs et à profiter des différentes vues sur cet édifice mythique.

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Les femmes à gauche, les hommes à droite, en files indiennes pour une fouille au corps poussée

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Comme on ne se refait pas ;D, on est souvent attirés par les petites échoppes de street food qui proposent de délicieuses spécialités pour quelques dizaines de centimes d’euro.

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Samosas et masala tea
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Aloo paratha (galette fourrée à la pomme de terre), ici aux petits pois et sauces très épicées !!!

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Sur le chemin, on passe devant l’Institut de recherche sur la lèpre, une maladie totalement oubliée chez nous, mais qui fait encore des ravages par ici.

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Se promener dans la rue est un vrai parcours du combattant. Il faut déjà s’habituer au volume sonore hors norme qui nous a poussé à bout bien des fois. Mais il faut surtout essayer de se débarrasser « poliment » des chauffeurs de tuk-tuks qui peuvent te suivre pendant 5 minutes sans te lâcher : « hey, m’am! very cheap! Come! Yes! very cheap! you don’t need to walk! it’s very far! hey M’aaaaam! Come! » Tu as beau répéter « No, thank you », c’est comme pisser dans un violon. « No » est un mot qu’ils refusent en bloc. Au début c’est marrant, mais au bout du vingtième, faut vraiment prendre sur soi pour rester calme. D’un autre côté, on sait que c’est leur gagne-pain et que ça doit pas forcément les amuser non plus de devoir supplier les gens à longueur de journée. Mais punaise qu’est-ce que c’est lourd!

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Dans les rues d’Agra

Pour visiter le fort, justement, on saute dans le premier tuk-tuk qui ne nous harcèle pas.

À peine descendus, ce sont les guides qui nous sautent dessus. Je me retrouve à écouter un guide francophone me débiter ses arguments pendant dix bonnes minutes. Ils sont tellement acharnés que tu ne peux pas t’échapper… Je vois Alex rigoler au loin… Je m’éclipse avec un merci, mais, non merci! En cet fin d’après-midi, la lumière est magique et le fort parait en feu. C’est immense et on passe plusieurs heures à se perdre dans le labyrinthe de couloirs, escaliers et toits-terrasses. De là-haut, on a même une magnifique vue sur le Taj Mahal.

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Il est temps de quitter Agra pour Jaïpur. La sortie de la ville est un véritable calvaire mais de toute façon, ville = calvaire pour tout cycliste en Inde! Alors qu’on est bloqués à un passage à niveau, un homme nous offre de l’eau potable en berlingot. Première fois qu’on voyait ça. Pas évident de couper un coin sans en renverser et de boire sans toucher au plastique qui doit contenir un bon nombre de bactéries… ;D

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On se retrouve sur une 4 voies arborée et pas désagréable. Enfin, si on fait abstraction des déchets sur le bord de la route, bien entendu! Il y a de la place à gauche pour rouler. C’est plat et on avance bien. 26°C, un air sec et une petite brise… les conditions idéales! On a réservé une chambre chez l’habitant pour la nuit. Franchement, on redoute vraiment de bivouaquer dans ce pays. Les personnes rencontrées nous l’ont toutes déconseillé et on a entendu tellement d’histoires… Il faudrait vraiment qu’on ai pas le choix. On voit bien des endroits au bord de la route mais il y a tellement de monde partout, impossible d’être discrets. On se voit mal encerclés avec 30 paires d’yeux nous fixant ou lorgnant sur le matériel. Et puis… il y aussi des léopards dans le coin.

Nous atteignons Barathpur en début d’après-midi et on profite de la douceur de la fin de journée pour visiter la ville. À part un fort un peu délabré et un bazar très animé, la ville n’a pas grand intérêt. Mais on se plait à observer la vie grouillante autour de nous.

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En terre musulmane, eux, ils sont tranquilles!
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hummmm! Avec quoi on ramasse les papayes?… avec des foufourches!!! ;D (désolée)
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Confection des colliers d’offrandes
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Des barbiers sous une bâche, au bord de la 4 voies, normal!
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Première fois que nous assistons au démoulage d’une statue en bronze
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En liberté, sur le mur du voisin… ça change des pigeons!

La maison de notre hôte abrite deux familles. Le propriétaire et son frère, ainsi que leurs femmes et enfants respectifs. Toute la vie se passe sur le toit. On y cuisine, on y mange, on y fait sécher le linge, on y joue, on y travaille et on s’y repose.

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Pendant que la grande sœur révise pour son examen et qu’Alex bosse sur la vidéo du Népal, le petit dernier enchaîne connerie sur connerie, ce qui me fait bien marrer!
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La tante fait cuire de délicieux chapatis aux épinards, en faisant brûler un vieux volet peint

J’observe le rituel du repas. La tante fait d’abord à manger pour son mari, qui mange tout seul de l’autre côté de la terrasse en premier, puis elle sert ses enfants et termine par elle-même. Puis elle laisse la place à la femme de notre hôte qui comme la première, sert d’abord son mari, puis ses propres enfants et enfin elle-même. Ils m’ont expliqué qu’ils faisaient un déjeuner en famille tous les samedis. On doit pas avoir le même concept visiblement… ;D

Le lendemain, nous sommes invités à visiter leur ferme biologique (qui fait aussi chambre d’hôtes mais pas du tout dans notre budget!). On est accueillis par la mamie qui ne parle pas un mot d’anglais mais avec qui on arrive quand-même à communiquer par mimes. Elle se plaint qu’il ne pleut jamais ici et nous explique qu’ils ont recours à un puits. Ah si on pouvait leur envoyer quelques nuages de Sarthe… ;D C’est mal foutu quand-même! Le frère arrive et comme il parle très bien anglais, il nous explique les rudiments de la permaculture, le compost de lombrics… etc. Il est autodidacte et s’en sort plutôt bien! Il nous confirme également que les Indiens sont champions des pesticides. Eux ont fait le pari de ne manger que les produits sains de leur production. Tous les plats servis aux clients sont frais et proviennent de ce jardin, le beurre y compris car ils ont aussi une vache. On s’est donc régalés.

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Les tambouilles indiennes ressemblent rarement à quelque chose mais une fois en bouche, explosion de saveurs garantie! Inde élue n°1 de la meilleure nourriture du voyage

Peu à peu, on apprend à apprécier ce pays qui nous fait peur et nous fatigue. De prime abord, les Indiens peuvent vraiment être très intimidants avec leurs regards noirs et pénétrants mais quand on ose un sourire, la plupart du temps, on en reçoit un en retour, plus facilement encore des femmes et des enfants qui nous font la fête au bord des chemins. Bien sûr, on sent que certains nous méprisent carrément mais tout de suite après, les encouragements d’une autre personne nous font oublier la haine de son voisin. C’est un yo-yo permanent entre hostilité et gentillesse. Cette dernière étant tout de même majoritaire. Ah, on en sert des mains !

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Lors de nos arrêts « bananes », toute la famille sort de la maison pour venir voir les 2 ovnis!

Quand on s’arrête au bord de la route, impossible de pisser tranquille. Il y a systématiquement un scooter ou une voiture qui s’arrête pour nous observer ou nous prendre en photo. Les Indiens sont très intrusifs. Ici, l’intimité n’existe pas. Il faut s’habituer à être constamment le centre d’attention et c’est assez pesant.

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Allez, une petite photo souvenir, à défaut de pouvoir faire pipi! Le gars avec l’écharpe a quand-même fouillé tranquillement dans ma box histoire de faire l’inventaire de mes objets personnels. J’ai pris sur moi pour pas lui en décoller une! Et on a du partir en premier sinon on y serait encore! ;D

Dimanche 10 décembre :

Ce matin-là, nous prenons la route le ventre vide avec dans l’idée de s’arrêter prendre un petit déjeuner en route. On trouve un petit stand pas trop crasseux au bout d’une trentaine de minutes. Bon, le patron est en train de finir de se laver au tuyau sur le parking et vient prendre notre commande en serviette mais ça… c’est l’Inde ! Même pas choqués ! ;D On commande des masala teas et le seul plat qu’ils proposent pour le petit déjeuner : des aloo parathas, sortes de galettes fourrées aux pommes de terres et aux oignons rouges. Gras…mais délicieux ! Alors qu’on patiente, un petit groupe d’hommes commence à se former autour de notre hôte et on entend bien que le ton commence à monter.

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ça commence à chauffer entre les 3 hommes…

De 3, on passe vite à 15 personnes. Surtout, faites comme si on était pas là ! Quelques minutes plus tard, un autre homme surgit de nulle part sur sa moto. Lui, il a vraiment l’air super énervé car il se jette sur le restaurateur. Heureusement, ses copains sont là pour le retenir et essaient en vain de le raisonner. Il se débat et se dirige vers sa moto. Là, je vois un manche en bois dépasser de sa sacoche. Oh mais non, c’est pas vrai ! Banco ! Le gars en sort une hache et se jette, pour la deuxième fois sur son ennemi. Je suis paniquée. Les copains doivent encore intervenir. Le gars, toujours aussi fâché, repart. En fait, il vient du resto juste de l’autre côté de la route. Mais le ton ne baisse pas. Deux minutes plus tard, après avoir garé sa moto, le gars revient à pied, toujours avec sa hache à la main ! Je commence sérieusement à flipper. Ce mec a l’air incontrôlable. Avec Alex, on se fait les plus petits possibles. Surtout, ne pas se faire remarquer… on commence à se demander si on va le manger un jour, ce petit dèj, surtout que le cuistot sort de sa cahute toutes les deux minutes pour prendre part à la baston. On observe, médusés, cette scène surréaliste qui se déroule 3m devant nous. Encore une fois, le gars pas content se fait arracher sa hache des mains, pour notre plus grand soulagement. Le cirque dure bien 20 minutes, puis ça finit par se tasser. Et on finit aussi par être servis.

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Une petite photo souvenir du lieu du crime et on déguerpit!

Le gars lui a-t-il piqué des clients, des sous ou sa femme ? On ne le saura jamais car on engloutit nos galettes et on déguerpit sans demander notre reste !

Pour le coup, on est bien réveillés ! Heureusement, le reste de la journée est beaucoup plus calme et détendu. Comme d’habitude on distribue les sourires et les signes de la main et Alex, patiemment, répond aux motards curieux qui se calent à côté de lui et lui posent toutes les questions possibles. Toujours les mêmes néanmoins : d’où tu viens ? Où tu vas ? Est-ce que c’est ta femme ? Combien coûte le vélo ? Est-ce que tu aimes l’Inde?

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Alex et son fan club

On passe les barrières de péage sans qu’on ne nous demande rien. En fait, il y a une petite voie tout à gauche pour les engins à 2 roues, voire pour les piétons. Il y a bien des tracteurs à contresens sur l’autoroute alors un vélo… ça ne surprend personne!

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On est censés être sur l’autoroute mais c’est plutôt tranquille. La vitesse est limitée à 90km/h et la plupart des vieux tacots ne les atteignent même pas ! Le plus fatiguant, c’est d’éviter tous les véhicules qui arrivent en contresens, les vaches, les piétons, et les dromadaires ! Et oui, on commence à en voir pas mal dans cette région. La première fois qu’on voit un camion arriver en face de nous, c’est quand-même un peu angoissant ! Surtout qu’il klaxonne, du genre, pousses-toi ! Mais bien sûr… À un moment, on voit plusieurs policiers (ou douaniers, on se sait pas trop) au milieu de la route avec des bâtons. Ils se mettent en travers du passage des camions et tentent de les arrêter mais les chauffeurs accélèrent et ne s’arrêtent surtout pas ! Il y en a même un qui se prend un gros coup de bâton sur le capot mais, rien à carrer, il ne ralentit même pas une seconde et continue sa route. Waouuuh ! Quelle autorité ! Pour un peu, ils se feraient presque écraser. Bref, on ne risque pas de s’ennuyer. Autant le paysage est assez chiant car très plat et désertique, autant le spectacle est folklorique ! Plus loin, on aperçoit un camion avec un énorme chargement de bambous, complètement basculé sur le côté. On le surnomme : le camion de Pise. On rigole mais en vrai, c’est super dangereux ! Juste après, une moto nous double. Le passager arrière tient sur ses genoux une porte d’entrée, (si, si je vous assure!) qui dépasse sérieusement en largeur, du coup! Sérieux les gars, comment vous faites pour pas vous casser la gueule? Y’a un truc qui s’appelle une remorque. Super pratique, vous devriez essayer! Plus loin, c’est un camion de déménagement qui nous fait halluciner. La porte arrière est ouverte et deux gars nous font coucou. Ils sont en train de papoter salon tranquillement dans deux gros fauteuils qui font face à la route. Bref, on en passe et des meilleures… (dommage, on a pas de photos de tout ça mais on est pas indiens et on sait donc pas mitrailler tout en roulant sur une six voies encombrée!)

Lundi 11 décembre:

Nous atteignons Jaïpur, la « ville rose », capitale du Rajasthan. Avec 120 km dans les pattes, autant dire qu’il faut pas me chercher. Et là, il se trouve que c’est le pire bordel de circulation qu’on ai jamais expérimenté. Ils arrivent à trouver 5 voies là où il n’y en a que 3. Alex se fait arracher 2 fois sa sacoche. Une moto me tamponne par l’arrière. On arrive pas à rester ensemble car les motos et scooters nous font des queues de poisson. Quand c’est pas les portières qui s’ouvrent à notre passage ou les tuk-tuks qui déboîtent sans regarder derrière eux. Les mecs gardent la main appuyée sur le klaxon alors que ça bouchonne. Mais abruti, tu vois pas que ça change rien? Je ne peux pas m’en empêcher, les insultent fusent. Trop, c’est trop. Je les regarde et je leur gueule dessus en bon français. Oh que ça fait du bien! Eux me regardent avec leur air bébête. « Mais pourquoi elle s’énerve la dame? Je vois pas où est le problème? », ce qui a pour conséquence de m’énerver encore plus. On est vraiment pas formatés pareil. Et je crois que finalement, notre tolérance a ses limites! ;D L’Inde, le berceau du yoga? Tu m’étonnes! J’aurais bien besoin d’une séance, là, tout de suite!!!

On atteint l’auberge crevés et tendus. Une seule envie: se laver et rester au calme. Au dehors, on entend toujours les klaxons et ça nous hérisse les poils. On sortira demain. C’est à ce moment qu’Alex s’aperçoit que son porte-bagages arrière ne tient plus. La vis a pété dans le cadre. Oh non, pas ça… il part donc en quête d’un mécano, le dernier truc dont il a envie à ce moment précis! Il se fait refouler au premier magasin de motos et scooters mais trouve un chaudronnier/ferrailleur/soudeur/mécano qui accepte de l’aider. Dur de communiquer avec le gars. Alors qu’Alex essaie de lui expliquer qui’il faut percer pour retirer la vis, le gars sort son poste à souder. Mais non! Le gars sort enfin sa perceuse, avec deux fils dénudés qui en sortent et qu’il faut raccorder je ne sais trop comment à la prise et des forets émoussés qui doivent dater de -350 av. JC. Forcément, ça se termine en boucherie. Un voisin leur prête un foret affûté et ils parviennent à extraire la vis! Ils n’a pas non plus de vis de rechange et utilise donc une vis auto-foreuse qui fait encore plus de dégâts. Mais pour l’instant, ça tient. Jusqu’à quand? On touche du bois…

Nous n’avons passé qu’une journée à Delhi mais en comparaison, je dois dire que Jaïpur est la ville la plus dense que nous ayons visité. Aucun m² n’est inexploité et les rues sont beaucoup trop petites pour tout ce monde. Il faut constamment slalomer entre les véhicules garés et les marchands étalés un peu partout par terre.

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Petit temple de rue

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L’uttpam, spécialité d’Inde du sud, sorte de pizza servie avec une soupe de pois chiches au curry et une crème de noix de coco
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Masala tea servi dans un minuscule gobelet en terre
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Un de nos favoris: la raïta, yaourt frais et acidulé mélangé avec des légumes en dés et du masala
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Les portes de la ville rose
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Petite marchande d’aloo parathas aux oignons rouges
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Les façades toutes roses qui bordent les rues

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On trouve partout dans les rues ces petits lavabos pour se laver les mains
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Le minaret de Jaipur
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Armé de son bâton contre les singes, ce monsieur nous explique l’histoire de la ville depuis le toit de son temple (…avant de nous emmener de force dans sa boutique…grrrr)

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J’ai adoré le bazar aux épices. Les couleurs et les odeurs sont incomparables, et ça marchande dur sous les arcades bordées de sacs de marchandises!

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A droite, les racines de curcuma avant d’être moulues
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Atelier de confection de la poudre de curcuma

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On passe également devant un nombre incalculable de boutiques de bracelets. Les Indiennes en portent une quantité incroyable. Parfois, ça leur remonte même jusqu’aux coudes! Ils sont brillants, colorés et assortis à leur sari. Traditionnellement, ils sont portés pour la protection de leur mari.

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Les gigantesques présentoirs à bracelets, ça brille!

Comme vous l’aurez compris, nous sommes vite devenus accros au masala tea, ou chai, un thé noir au lait infusé aux épices. Servis dans de minuscules gobelets, les Indiens en consomment à longueur de journée. Tout est prétexte à s’arrêter 5 minutes dès qu’on voit un stand où il y a du monde. (de 10 à 15 cts d’€)

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La visite de la ville se poursuit par le somptueux Hawa Mahal, le palais des vents, construit au 18ème siècle par le mahârâja Sawâi Pratap Singh. On adore le style mille et une nuits!

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L’incroyable façade vue de la rue. Dotée de 953 petites fenêtres, appelées Jharokhâ, d’où les femmes du harem royal pouvaient observer la vie en contrebas sans être vues.

Notre curiosité nous pousse à visiter ensuite le Jantar Mantar, un observatoire daté des années 1730 et classé au patrimoine de l’Unesco. Il est constitué d’une série d’instruments astronomiques plus ou moins gros, construits à l’intention du gourou de Jai Sing II, dans le but d’établir les thèmes astraux et de déterminer les moments les plus propices pour les grands événements (mariages, déplacements…). Nous déambulons donc parmi les cadrans solaires, les astrolabes et autres sextants. Franchement, on est pas trop calés en astrophysique et les explications sont pour nous du charabia mais on comprend quand-même qu’ils arrivaient à déterminer l’heure grâce au soleil avec une précision de moins d’une seconde, très fort!

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Celui-là, c’est le Brihat Samrat Yantra, un cadran solaire de 27m de haut qui permet d’obtenir l’heure à 0,5 secondes près! C’est le plus grand cadran équatorial au monde.

Bon, on est d’accord, ça arrange tout le monde qu’ils aient inventé l’horloge à suspendre au mur, depuis le temps. Sinon, faudrait un sacré grand jardin! ;D  

Le lendemain, nous nous levons tôt et enfourchons nos vélos pour nous rendre au fort d’Amber, à 11 km de Jaïpur, en passant par le Jal Mahal (water palace).

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Sur la route du fort. Sympa la grimace du matin ;D
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Le Jal Mahal (water palace), accessible seulement en barque

Comme nous arrivons tôt et que les portes ne sont pas encore ouvertes, on prend notre petit déj à une roulotte, où un papi nous sert le meilleur curry de pois chiches qu’on ait encore jamais goûté.

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Pour le moment, le fort est caché derrière la brume matinale et on ne se rend pas encore compte de la majesté du site.

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Ce dont on se rend bien compte, toutefois, c’est de la tristesse des éléphants. Les pauvres bêtes, privées de leurs défenses et l’œil hagard, passent leurs journées à acheminer les touristes du bas du fort à la cour intérieure. A la queue leu-leu, ils marchent au pas, résignés à cette vie de captivité. Leur regard nous fait carrément mal au bide. On maudit intérieurement les touristes qui rigolent et se balancent sur leur dos, comme si de rien n’était. Certes, ça doit être rigolo de monter sur un éléphant, mais certainement pas dans ces conditions.

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En contrebas, la vue sur les éléphants à la queue-leu-leu

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On achète deux tickets pour constater par nous-même si c’est aussi beau dedans que dehors. Ah bah oui, on vous le confirme! Ce fort est bien plus grand que celui d’Agra. On aurait pu y passer la journée. Dans celui-là, on s’est vraiment perdus!

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Floflo qui se prend pour Shéhérazade au balcon

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Dans un élan de crédulité, on se fait avoir en suivant un type qui nous emmène à un point de vue sur le toit (qu’on aurait trouvé tout seul évidemment au cours de la visite), mais il avait l’air tellement enthousiaste qu’on a pas réfléchi. Une fois arrivés en haut, il nous tend la main en disant « tip !, tip ! ». Pour avoir monté 2 escaliers ensemble, « my friend », tu rêves !

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Quand on ressort, et que l’on se retourne, les nuages se sont dissipés et on en prend d’un coup plein les yeux! Incroyable un truc pareil! On retrouve nos vélos là où on les avaient laissés, ouf! Mais les vitesses sont toutes déréglées donc quelques mains ont du passer par là…

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Jeudi 14 décembre :

Nous quittons notre auberge de jeunesse vers 9h, après s’être enfilé 3 gros pancakes chacun. On saura plus tard qu’on a bien fait ! La sortie de Jaipur ne se fait pas trop mal, beaucoup mieux que l’entrée en tous cas !

On se retrouve sur une 6 voies, avec des sections payantes. Mais comme d’habitude, un petit passage est aménagé à gauche pour les véhicules ultralights et on ne nous demande rien. Et surtout, on ne nous l’interdit pas. Au moins, nous avons une large bande de sécurité derrière laquelle on peut se réfugier. A la sortie de la ville, on s’arrête au Décathlon flambant neuf pour faire quelques emplettes. On est à peine arrêtés qu’un scooter nous aborde. Le monsieur veut se prendre en photo avec nous. Ok. Évidemment, le magasin se trouve de l’autre côté. Pendant que je garde les vélos, voilà Alex qui entreprend de traverser à pied en escaladant le rail. Pas le choix de toute façon, ils ont pas pensé à laisser un passage. Du coup, j’ai tout le loisir d’observer les bizarreries de la circulation indienne. Je sais qu’on en parle beaucoup mais comme on passe la majorité de nos journées sur les routes, forcément, c’est un sujet phare et récurrent. Il faut le voir pour le croire. Entre, les camions qui ne sont pas encore assemblés et dont les chauffeurs roulent totalement à l’air libre, juste sur le fauteuil avec un volant, les camionnettes de gonflage de pneus qui sont arrêtées au bord de la route et qui créent des files de véhicules à l’arrêt en plein milieu des voies, les charrettes avec leurs chevaux, les bennes de tracteurs décorées avec des fanfreluches et des fleurs, la musique à fond, qui transportent des femmes en saris multicolores. Et puis comme toujours, cette quantité impressionnante de véhicules en sens inverse. Et ils te klaxonnent en plus, comme si c’est toi qui les dérangeait, non mais sérieux ! À un moment, 3 jeunes sur une moto se pointent à côté de nous… et nous demandent des selfies… tient, ça faisait longtemps ! Un des gars dégaine son téléphone et, tout en roulant, se rapproche de nous et se penche pour immortaliser ce merveilleux moment, alors que les camions passent juste à côté de nous. C’est n’importe quoi. On se demande des fois si le mot « danger » fait partie de leur vocabulaire. Parfois, on tourne la tête et, oups, pardon, monsieur, on surprend des hommes en train de couler un bronze au bord de la route, leur bouteille d’eau à côté d’eux. Bah oui, pas de PQ ici… ;D Le fait d’être visible de tous n’a pas l’air de les déranger en tous cas…

La crise du logement

On a prévu de faire 2 étapes de 80 km pour relier Pushkar en 48 heures. Au bout de 75 km, on commence donc à guetter les hôtels au bord de la route. On s’arrête dans plusieurs d’entre eux mais sur cette partie, ce sont plutôt des hôtels luxueux qui ne rentrent pas du tout dans notre budget. On en trouve quand même de plus miteux mais dans les deux premiers, je me fais refouler ni une ni deux par les patrons. Visiblement, les établissements sont tenus par des Musulmans et n’accueillent que des routiers. C’est sûr que je fais un peu tâche dans le décor. Dans le troisième hôtel de ce type, c’est Alex qui s’y colle cette fois. Le patron lui confirme que pas de problème, des chambres sont disponibles. Par contre, quand il demande s’il est seul, ça se complique. Bah non, il y a la « lady », tu sais, ce truc avec des seins et des cheveux qui fait à manger et la vaisselle, la sous-espèce quoi ! Alex essaie de me mimer la grimace de dégoût du gars quand il a entendu le mot « femme ». Ah bah, non, c’est plus possible. C***ard d’extrémiste. Je préfère ne pas dire ce que j’en pense. Mais ça confirme nos doutes et du coup, on oublie ce genre d’établissements. On a fait 100 km, et toujours rien en vue dans notre budget. Alors que l’on s’arrête une énième fois, sur le parking, des policiers commencent à discuter avec nous et nous demandent si ils peuvent faire des selfies. Mais ils vont tous nous la faire ou quoi ? Des policiers, quand-même… un peu de tenue les gars! ;D ça nous fait plutôt marrer. Bon, c’est pas ça qui va nous donner un toit pour la nuit. 120 km… On se réjouit d’arriver à Kishangarh. En effet, il y a une multitude d’hôtels, mais avant qu’on discute de quoi que ce soit, on se fait refouler sans explications et les personnes parlent très mal l’anglais. Ils nous sortent l’excuse bidon qu’il n’y a plus de place mais on est dubitatifs. Il y en a bien un qui nous accepte mais à 25€ la chambre avec de la merde sur les draps et une souris qui court le long des murs… je me demande bien il se fout pas un peu d’ma gueule ! Le 7ème hôtel que l’on tente nous fournit l’explication tant attendue. Le gars me confirme qu’ils ont des chambres mais qu’ils n’ont pas de formulaires pour les étrangers. Maintenant, on comprend. Accepter un client étranger signifie pour eux faire des photocopies de nos passeport et visa, nous les faire signer, puis remplir un formulaire complet sur notre voyage et rentrer ensuite ces informations sur une base de données gouvernementale, via un compte d’utilisateur. C’est assez fastidieux pour les avoir déjà vu faire et on suppose que la plupart n’ont pas envie de s’embêter avec ça. Mais du coup, on est toujours bredouilles et le soleil commence sérieusement à décliner. Notre dernière chance, Booking. On se connecte quelques minutes sur leur site et on constate que dans nos tarifs, le prochain hébergement disponible est à Ajmer, à 21km d’ici. Ok, pour moi il est temps que je mange une banane, voire deux, car je vous rappelle qu’on a pas déjeuné ! Et mes forces commencent à s’amenuiser. Alex passe devant pour les derniers kilomètres et j’ai un mal fou à tenir la distance. On tente un dernier hôtel sur le bord de la route mais encore une fois, trop luxueux. Encore 11km, interminables. Je suis bien contente de porter mon coupe-vent fluo car on y voit plus très clair. Arrivés à Ajmer, la fatigue et le dépit font que l’on a du mal à supporter le chaos de la circulation… et on se prend la tête. Quand 2 racoleurs nous tombent dessus et insistent pour nous montrer un hôtel qui ne nous accepte pas non plus, c’est le bouquet final. On les plante donc pour rejoindre le dortoir que l’on avait repéré sur booking. Ouf, c’est dispo, propre, dans le budget et on peut sécuriser les vélos, nickel. On ne prend même pas le temps de la douche, et pourtant, quand je vois la crasse sur mon visage (monosourcil + moustache noire ;D), il faudrait bien ! On part à la recherche du boui-boui qui saura satisfaire notre estomac en crise. Et on le trouve rapidement. Un patron avec une bonne bouille et un sourire permanent, une cuisine fraîche et délicieuse et à petits prix. On retrouve le moral ! On fait le point : 140 km au compteur, ce qui fait qu’il nous en reste seulement 15 à faire le lendemain ! La chambre à Pushkar est déjà réservée… ce sera une petite journée !

Vendredi 15 décembre : Pushkar

Cette petite ville est bâtie autour d’un lac sacré et entourée de collines désertiques. Le long de la route, les singes sont nombreux et jouent dans les arbres.

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Notre auberge se situe dans une petite ruelle, si étroite que l’on passe à peine avec les vélos. Elle débouche directement sur le bazaar, où on se fait alpaguer toutes les 30 secondes. Mais l’ambiance est plutôt agréable et détendue sous les voiles d’ombrage.

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Les Indiennes adoooooorent les bijoux!
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La bazaar illuminé à la tombée de la nuit
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Il y a toujours une vache sur le chemin! ;D
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Les meilleurs falafels du monde!!!!!
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La petite fille qui égaye notre ruelle!

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La vieille ville compte de beaux bâtiments anciens et un magnifique temple hindouiste malheureusement interdit aux étrangers.

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De toutes parts, des arcades et des ruelles mènent au lac.

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La ville est un haut lieu de pèlerinage hindouiste et compte 400 temples et bhats, où, au moins une fois dans leur vie, les Indiens viennent se recueillir avant de prendre un bain dans le lac sacré et ainsi laver leurs pêchés pour gagner une place au paradis. Qui dit lac sacré, dit chaussures interdites. On marche donc dans la merde de pigeon, impossible à éviter, et le pipi de vache. Miam! On s’assoit au bord du lac pour contempler la vue et sans faire exprès, j’ai posé mes tongs à côté de moi. Grosse erreur ! Je me fait tout de suite enguirlander par un Indien et suis priée de les reprendre à la main. Désolée !

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Sur cette photo, on voit bien les différents bhats, qui sont des ensembles de marches mènent au lac sacré et sur lesquels les pèlerins procèdent à leurs ablutions

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Après la sortie de Pushkar, le paysage est de plus en plus désertique.

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En quittant Pushkar le matin, nous ne savons pas où nous allons dormir le soir et décidons donc d’improviser. Et on a bien fait! Vers 16h, alors qu’on a déjà bien roulé, on tente notre chance auprès d’un resto au bord de la route (le seul à des km à la ronde). Ils ont une belle pelouse bien verte et on leur demande si on peut planter notre tente après le repas. La réponse est non. Plus loin, on repère un petit temple entouré d’un mur. Y’aurait peut-être moyen d’être tranquilles ici! Deux hommes se tiennent devant la grille. Ils ne parlent pas un mot d’anglais mais on arrive à leur expliquer avec les mains qu’on cherche un endroit pour dormir. On comprend qu’il n’y a aucun problème et ils nous ouvrent même une pièce où l’on peut poser nos matelas sans déballer la tente. Mais ils ne s’arrêtent pas pour autant de nous mimer de choses qui ressemblent à « manger » (ah oui, au fait, on a rien à manger et on est perdus au milieu de nulle part) et à « venir avec nous ». Est-ce qu’ils nous invitent chez eux? Mystère… du coup, on leur dit « Yes »! et on fait mine de commencer à partir. Si ce n’était pas une invitation, on a pas l’air bêtes! Mais ils ont l’air ravis et nous emboîtent le pas… il semblerait que la chance nous sourie ce soir!

Les deux hommes enfourchent leur moto et nous les suivons sur le petit chemin sablonneux qui mène à un hameau d’une quinzaine de maisons. Ils nous ouvrent le portail de leur minuscule ferme et nous pénétrons dans la cour. Les femmes et les enfants qui s’activaient dehors s’arrêtent d’un coup et nous étudient longuement, très longuement… les gamins sont morts de rire. On est habitués à passer pour des bêtes curieuses. Il faut se mettre à leur place! Le moment de stupeur passé, ils nous invitent à nous asseoir. Enfin, non, pardon, ils invitent Alex à s’asseoir. Moi, je peux rester debout! Il faut savoir que la femme tient peu de place dans la société traditionnelle indienne. Dès sa naissance, elle est placée sous la tutelle de son père, puis sous celle de son mari après son mariage et enfin, en tant que veuve, sous la tutelle de son fils. Elle est exclue des décisions politiques et familiales. Économiquement, elle dépend exclusivement des hommes de la maison. Bien entendu, dans les villes, les femmes sont émancipées, font des études, travaillent, portent des jeans et sont indépendantes. Mais dans les campagnes, les traditions persistent et nous en sommes les témoins. Les femmes de la famille se tiennent dans un coin, la tête baissée. Elles ne viennent pas nous dire bonjour. Je ne sais même pas si elles en ont le droit! Le patriarche leur donne juste l’ordre de nous servir le thé. Je me sens un peu bête devant elles, avec mes baskets et mon pantalon dégueu. Elles doivent halluciner… Je vous le donne en mille, la première question qui fuse c’est si on est mariés! Mais bien sûr… ;D Si on avait dit non, ils auraient avalé de travers… il faut savoir mentir de temps en temps! Je finis quand même par m’asseoir. Le thé arrive, servi aux hommes en premier et moi ensuite.

Au fur et à mesure que le temps passe, on voit défiler par la porte tous les habitants du village. Ils rentrent, nous observent, puis repartent. À l’aide du gps, Alex tente de leur expliquer notre parcours. Ils n’en croient pas leur yeux! Après le thé, les deux garçons et un des oncles nous proposent d’aller faire un tour. On a un mal fou à comprendre qui est qui. Tout le monde est le frère, le cousin ou l’oncle d’un tel ou un tel. On ne voit pas très bien qui habite avec qui et à qui appartient cette foule d’enfants! On se demande même si tout ce hameau ne consiste pas en une seule et même famille. La balade consiste en fait à faire le tour de toutes les maisons, en passant par le logement de l’instituteur. Il faut l’avouer, l’accueil est partout ultra chaleureux. On boit des litres de thé, on sert des dizaines de mains, on visite des cuisines, des salons, on prend des centaines de photos avec chaque membre de chaque famille! ça n’en finit pas! Mais on trouve ça drôle, surtout quand on voit leur tête à notre arrivée. Les petits écoliers, protégés de leur maître, nous offrent même des prunes. C’était un moment inoubliable!

De retour dans notre famille, les femmes nous servent un délicieux repas. Comme dans la famille à Barathpur, ils nous regardent manger d’abord, avant de faire de même. C’est assez embarrassant au début puis on s’y fait. Ici, pas de couverts! On mange plus ou moins proprement avec les mains! Les femmes sont toujours en cuisine et mangeront en dernier. Nous ne les avons toujours pas vues. Je n’arriverai pas à m’y faire! Plutôt que de retourner au temple, ils nous proposent leur garage pour la nuit. Ce sera parfait! On aide un des fils avec son devoir d’anglais. Un texte sur l’apologie de l’islam… magnifique! Tout ce qu’on adore… mais on fait abstraction du sujet et on fait de notre mieux. Avant d’éteindre les feux, on nous explique que pour le pipi et le caca, c’est là-bas, derrière, dans le champ! ;D Bonne nuit…

Le lendemain matin, on nous sert d’abord du lait aigre, direct au réveil. Merde! Un vieux souvenir de Mongolie remonte à la surface. C’est pas aussi pire, mais pas loin! Comme on se dépêche de finir le gobelet sans respirer… on nous en ressert un autre! oupss… Puis on a droit au même repas qu’hier. Toujours aussi bon. On se demande s’ils ne mangent pas la même chose tous les jours car ils ne possèdent qu’une vache qui donne le lait pour la soupe et quelques pommes de terre qui composent les galettes. Ils n’ont pas grand chose et nous nourrissent sans réfléchir. Ils nous resservent sans cesse. On est vraiment touchés. On mangera tellement de galettes qu’on aura du mal à décoller!

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Le petit déjeuner est servi!
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Bien installés sur le sol du garage

En partant, le patriarche a l’œil brillant et on en finit plus de se dire au revoir. On sait qu’il sera difficile de garder le contact. Cette rencontre éphémère restera gravée dans les mémoires respectives. Alors que nous reprenons le petit chemin en sens inverse, de nombreux habitants se sont rassemblés de part et d’autre pour nous saluer et nous souhaiter bonne route… super émouvant!

Le moral gonflé à bloc, nous atteindrons sans mal Jodhpur, la « Ville bleue », dans l’après-midi.

Nous séjournerons dans une petite guesthouse fort sympathique, tenue par deux frères et  située dans une ruelle piétonne, au calme, ce qui est très important en Inde si tu veux dormir un peu. Du rooftop, on a une vue à tomber sur le fort. On y fait la connaissance de Roxana, roumaine et formatrice dans l’informatique et Nicolas, français et photographe.  Ils se sont installés dans le nord ouest de la Roumanie. On passe pas mal de temps ensemble à buller et à discuter sur les matelas de la terrasse. On fait des sorties par tranches de deux heures, difficile de tenir dehors plus longtemps sans péter un plomb! Vous devez vous dire qu’on exagère mais non! Allez-y pour voir! ;D

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La vue sur le fort et la ville depuis notre rooftop

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Dans cette ville, on remarque tout de suite que les gens adorent qu’on les prenne en photo. Au début, on refuse car on est certains qu’ils vont nous réclamer quelques roupies en échange, mais non! Ils veulent juste se voir sur l’écran et ça les fait bien marrer! Parfois, il est très difficile de ne pas se laisser déborder par tous ces enfants qui veulent toucher à l’appareil et tirent dans tous les sens. Là, y’a qu’une solution, s’enfuir! ;D

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Nous nous promenons à l’aveuglette dans les différents quartiers de la ville, observant la vie qui déborde tout autour de nous. Il y a toujours quelque chose d’amusant ou d’atypique à regarder. On fait le détour par le marché de Sadar, autour de la Clock Tower, où l’on trouve de magnifiques saris brodés. (1€30 les 6m de tissu… maman, tu serais folle! Dommage qu’on aie pas une remorque au vélo, quand-même! ;D)

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Puis nous partons à l’assaut du fort de Mehrangarh, qui surplombe la ville de ses 122 mètres. Il faut se tordre le cou pour l’admirer d’en bas! Celui-là, nous ne l’avons pas visité.

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C’est de l’autre côté du fort que ça se passe! La ville bleue, baptisée ainsi à cause de la couleur de ses murs (logique!), se déploie devant nos yeux. À l’origine, le bleu était utilisé pour identifier les maisons appartenant à la caste des Brahmanes (les hommes de lettre), tout en gardant la fraîcheur et en éloignant les insectes. Le système de castes a été aboli mais la tradition perdure, pour notre plus grand plaisir. Panorama incroyable…

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Vu de la forteresse, c’est déjà pas mal, mais alors quand on descend et qu’on se perd dans le dédale de ruelles… c’est encore plus impressionnant. ATTENTION À VOS YEUX !!!! ;D

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Alors, il est pas beau ce bleu??? ;D

21 décembre 2017

Nous nous préparons pour la dernière étape de notre circuit au pays des maharadjas: Jaisalmer, dans le désert du Thar, à 300 km de là. Nous prévoyons 3 étapes de 100 km, tout à fait faisable sur du plat. Nous quittons Roxana et Nicolas un peu tard. Il va falloir pédaler vite!

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Avec Roxana et Nicolas

Nous n’avons pas parcouru 15 km que mes jambes flageolent et les crampes d’estomacs qui me tiennent depuis 2 jour et m’ont rendue malade la nuit d’avant, se réveillent. J’ai du manger un truc pas net. J’ai beau me défoncer, l’écart avec Alex se creuse et je constate, dépitée, que je suis sur ma plus petite vitesse. Je n’ai aucune force. Il fait chaud. On s’apprête à rouler trois jours dans le désert… c’est mal barré. Je me maudit intérieurement de cet état de faiblesse, surtout quand on prend la décision de rebrousser chemin. Retour à la case départ. Par chance, une chambre est encore libre. Ils n’ont même pas encore fini de nettoyer celle que l’on vient de quitter. Je m’écroule sur le lit et ne me réveillerai que le soir. Du coup, 300 km en deux jours et en petite forme… ça parait compliqué. Tant pis, on va prendre le bus. Grrr… marre des transports en commun! Et puis on en a entendu de belles sur le bus en Inde! Et finalement, pas du tout! On est agréablement surpris. Des sièges confortables, plein de place pour les jambes, de l’air frais, une petite pause thé… c’est passé comme une fleur! On mettra seulement 3h à relier les 2 villes.

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A travers la vitre du bus… les vaches qui traînent parmi les déchets qui brûlent
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A travers la vitre du bus… la pause chai, sur le terre-plein au milieu de la route
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A travers la vitre du bus… tuk-tuks et hommes en turbans pressés
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RAVITO !!!

Arrivés à Jaisalmer, on récupère nos vélos sur le toit du bus et nous nous mettons en quête de notre dortoir. On galère un moment car l’hôtel dans lequel se situe la chambre porte un autre nom! Là encore, vue superbe sur le fort (encore un, c’est un peu la spécialité par ici !!).

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L’architecture de cette ville est encore plus surprenante qu’ailleurs. Les murs des bâtiments sont sculptés avec beaucoup de finesse.

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Pour Noël, on s’offre une petite virée en moto dans le désert du Thar. Nous réalisons le rêve d’Alex de piloter une mythique Royal Enfield, la marque emblématique indienne. On prend énormément de plaisir à sillonner les routes désertes et sauvages.

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Enfin… pas si désertes que ça!! 😉

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Nous pensons nous garer quelque part et nous promener tranquillement parmi les dunes de sable. Nous évitons les 2 sites majeurs où nous sommes certains de nous faire sauter dessus et choisissons une petite route isolée où l’on aperçoit une belle brochette d’ondulations. Mais ça, c’était dans nos rêves! On est même pas garés depuis une seconde et demie qu’un homme approche au galop sur son chameau. Il s’arrête à 50 cm de nous, nous fixe de son regard noir et ne nous lâche pas la grappe avec son baratin de safari. Au bout de 10 minutes de harcèlement, je me retient de le frapper. S’il vous plait, messieurs les Indiens, serait-il possible d’avoir ne serait-ce que 10 minutes de tranquilité? Bon, ok, alors 5, parce que 10, c’est impossible… mais non. Le gars reste planté là. Si on bouge, il bouge avec nous. Je vais faire un massacre! Imaginez que pour avoir la paix, on accepte finalement de monter sur son foutu chameau! Il a du bol que ce soit Noël. On fait notre B.A. Par contre, on lui donne rdv 1h plus tard, histoire d’être un peu peinards avant. Eh bah ça aussi, c’est dans nos rêves! Parce qu’en fait, en haut, derrière la dune, il y a son pote avec son stand de thé et il l’a appelé pour le prévenir qu’on arrivait. On a à peine fait dix mètres dans le sable chaud que le type descend la dune en courant pour venir à notre rencontre. Une autre envie de meurtre m’assaille. « Hey!! Come to my shop!! tea, coffee, fresh drinks!! heyyyy! come! come! Just have a look » Je vais te le faire bouffer ton thermos de thé! On lui fait comprendre qu’on viendra plus tard mais il nous faut bien encore 10 minutes pour nous en débarrasser. Enfin, on respire et on profite du paysage.

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Le casse-couilles sur son chameau

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A 60 km de là, la frontière du Pakistan.

Chose promise, chose due, on fait un détour par le petit stand du gars. C’est une grosse blague. Trois morceaux de bois plantés dans le sable, des thermos archi dégueu qui dégoulinent de matière non identifiée et une poêle posée à même le feu sur le sable avec une huile noire à l’intérieur, où je sens qu’il s’apprête à jeter des frites. On refuse direct de boire quoi que ce soit. Là c’est clair, mon estomac ne va pas s’en remettre. Dans un coin, je vois un deuxième gars se dépêcher de nouer un turban autour de sa tête. Il attrape un tambour et me demande comment je m’appelle. « Florence ». Et il se met à chanter faux en tapant comme un sourd sur son tambour en criant mon nom par intermittence. C’est un supplice. Il doit y avoir une caméra cachée, c’est obligé! On lui demande gentiment de la boucler.  Je bouts. Alex, sympa, accepte d’acheter deux paquets de chips. Quand le gars nous annonce le prix, on manque de s’évanouir. Eh bah va falloir casser le PEL! Mais c’est l’esprit de Noël, alors on fait baisser un peu le prix et on les prend quand-même. Certes, je comprends que c’est leur seul moyen de survivre et qu’ils feraient n’importe quoi pour quelques roupies. Ils nous énervent et en même temps, ils nous font pitié. C’est assez bizarre comme sentiment. On a encore vingt minutes devant nous avant le tour en dromadaire mais le barman a du appeler son pote qui revient vers nous en galopant. Restons calmes… allez c’est parti pour une chevauchée fantastique! Il nous avait prévu un circuit qui avait l’air sympa mais on se contente de grimper la même dune que tout à l’heure, de repasser par le stand miteux (c’est une blague…) et de redescendre par l’autre côté en courant. Ça, c’est fun!! Essayer de tenir sur un dromadaire qui court, c’est assez énorme!!  Au bout de 10 minutes, on revient à la moto. Mais euhhhh… c’était pas une heure normalement? Bref, on s’en fout, on ne cherche plus à comprendre. Il s’éloigne pour notre plus grand soulagement. On a qu’une envie, se barrer d’ici! Au moins sur la route, on est trop rapides pour eux! Mais cette étape nous a vraiment laissé un goût amer.

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On s’arrête admirer le coucher du soleil du haut d’une colline. On avait pas fait attention mais en bas de celle-ci, se trouve une cabane. Cinq enfants en sortent et se précipitent vers nous en courant et criant. Eux aussi veulent leur photo. Puis ils tendent la main. « Roupies ». Ok, c’est le moment de filer avant qu’ils ne deviennent insistants! Mais ça fait toujours un petit pincement au cœur…

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Le lendemain, en allant à la gare, nous faisons un crochet par un joli petit temple au bord d’un lac.

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On avait dit plus jamais de train en Inde? Eh bien pourtant, on a remis ça, pour relier Jaisalmer à Delhi, soit 900 km. Coline, Marion et Rémi sont à Bangkok et nous avons décidé de les rejoindre pour le premier de l’an. Nous n’aurions pas pu couvrir cette distance en si peu de temps. Et très honnêtement, nous aspirons aussi à un peu de calme… Nous avons donc opté pour le train « express », qui met « seulement » 21h. Morts de rire. Heureusement que notre guest house a pu nous arranger le coup car avec les fêtes, les trains étaient tous complets. On a eu beaucoup de chance de trouver 2 couchettes.

Cette fois-ci, on ne se fait pas avoir et le matin du départ, on se rend à la gare pour acheter des billets pour nos vélos. Mais ça ne se passera pas aussi simplement. En fait, les vélos ne prendront pas le même train que nous. Ils arriveront 12h avant, ce qui nous fait légèrement paniquer. On a pas le choix car le type est buté mais franchement, on y croit pas trop. Ils écrivent quelques inscriptions au marqueur blanc sur nos cadres et on abandonne nos chères montures sur le quai, telles quelles. On a tout de même un reçu.

Le soir, en arrivant à la gare, on apprend que notre train a trois heures de retard, la moyenne en Inde. Sur 21h de trajet ,ça ne fait pas un si gros ratio! ;D Il est 1h du matin. On décide de s’installer par terre, à côté des autres familles, qui doivent avoir l’habitude car ils ont prévu les couvertures et le stock de nourriture.

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Enfin, le train arrive et nous constatons avec délice que le wagon que l’on occupe est encore vide. Nous sommes les premiers à nous installer. Rien à voir avec notre premier voyage! On peut vraiment se reposer. On arrive à Delhi tard le lendemain soir et on se met tout de suite en quête de l’entrepôt de marchandises. On met un long moment à trouver le bon et le stress monte car pas signe des vélos. Puis, enfin, on les aperçoit dans un hangar! Magnifique! Ils sont entiers. Alex s’est juste fait piquer sa gourde toute neuve.

Le soir du départ pour l’aéroport, on avait bien prévenu le gars qui nous a réservé un taxi. Attention, il y a deux vélos, il faut donc une galerie ou alors, que les sièges se rabattent! Bien entendu, le taxi arrive et il n’y a ni galerie ni sièges rabattables! Pas le choix, on charge un vélo tant bien que mal à l’intérieur et l’autre en vrac sur le toit. On se retrouve donc à faire 30 km sur la voie express avec les deux mains par la portière. Alex à l’avant pour éviter qu’il ne glisse pendant le freinage et mois à l’arrière, pour éviter qu’il ne tombe sur le côté dans les virages. C’est une grosse blague. Mais il se termine en beauté ce petit périple en Inde! ;D On aura bien rigolé en tous cas!

Finalement, on ne sait toujours pas vous dire si l’on aime l’Inde ou pas. Quoi qu’il en soit, elle a mis tous nos sens en éveil et nous a bousculés, chaque minute de ce voyage, ce qui n’a pas été reposant. En montant dans l’avion, nous étions soulagés et en même temps, nous avons ressenti le regret de n’avoir visité qu’une petite partie de ce pays si vaste. On dit que les montagnes au nord et le sud du pays sont complètement différents. Peut-être reviendrons nous pour en avoir le cœur net ? Nous serons mieux préparés cette fois… ;D

À bientôt,

Flo & Alex

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