Après un premier vol de 3h, une courte escale à Moscou, et un deuxième vol très agité de 6h, nous passons sous les nuages au petit matin et admirons ébahis par le hublot le magnifique terrain de jeux qui s’offre à nous ! Collines verdoyantes, déserts, steppe, fleuves, immenses troupeaux, petits villages colorés et yourtes isolées… nous avons hâte de parcourir le pays pour découvrir ces merveilles! Ce que l’on remarque tout de suite, c’est qu’il n’y a presque aucune route, seulement des pistes poussiéreuses à perte de vue. Et les habitants ? Ils sont peu nombreux : 3 millions (dont 1,4 million vivant à Oulan-Bator, la capitale) pour un pays dont la surface est 2,5 fois supérieure à celle de la France… autant dire qu’on ne devrait pas se marcher dessus ! ;D

DSC00487DSC00489DSC00490

Pause administrative de 10 jours à Oulan-Bator

Nous avions préparé notre arrivée et contacté Froit via Warmshowers (plateforme identique à Couchsurfing mais pour les cyclistes). Froit est hollandais, marié à une Mongole et installé dans la capitale depuis près de 15 ans. C’est chez lui que transitent tous les voyageurs à vélo qui passent en Mongolie. En effet, comme nous sommes nombreux à y demander un visa pour la Chine ou à vouloir y effectuer des réparations ou se ravitailler (Oulan-Bator étant la seule grande ville du pays), on peut y poser notre tente plusieurs nuits (10 nuits pour notre part), moyennant quelques $ au-delà de 3 jours, parfait pour notre budget de routards !

Deux taxis nous attendaient à l’aéroport pour nous emmener directement chez lui. On était super heureux d’avoir récupéré nos vélos en bon état. Chez Froit, nous sommes accueillis par 3 Polonais en vacances et par Julien, un Français qui parcourt le monde à pied et à vélo depuis près de 10 ans. Sa tente s’est déchirée lors d’une tempête et il attend depuis 2 semaines la livraison d’une nouvelle toile pour repartir.

DSC00495DSC00497DSC00501

Il est 8h du matin et nous partons en quête de notre petit-déjeuner. Mais avant ça, il faut retirer des Tugriks mongols. On ne pensait pas que la tâche serait aussi compliquée… Il nous faudra bien faire 12 distributeurs avant d’en trouver un qui fonctionne et surtout, qui contienne assez d’argent. Avec le Tugrik, on est presque millionnaires ! Du coup, on a bien vérifié 3 fois le taux de conversion avant de valider les 800 000 qu’on a tapés à l’écran ! ;D Faudrait pas faire une boulette quand-même…

La plupart des magasins et restaurants ouvrent à 10h mais on finit par trouver une petite épicerie, où l’on achète des gâteaux et du jus de fruit. C’est à ce moment là que l’on commence à se rendre compte de la différence du niveau de vie. L’alimentation est en effet très bon marché.

Nous passerons le reste de la journée à dormir, complètement assommés par la chaleur et le décalage horaire (+6h en été). Puis nous passerons la soirée avec les filles, Julien, Froit et sa femme dans un restaurant coréen.

La journée de dimanche s’est résumée à la constitution de nos dossiers pour la demande du visa chinois, notamment les fausses réservations d’hôtel et les faux billets d’avion. Nous trouvons une agence de voyage qui nous imprime de faux billets pour 1,50 € et réservons plusieurs hôtels sur booking.com, que nous annulerons après la délivrance du visa. C’est complètement débile car tout le monde sait que le dossier est bidon…mais c’est comme ça que ça se passe ! Il faut rajouter à cela notre police d’assurance voyage, la copie intégrale de nos comptes bancaires et le formulaire de 4 pages dûment rempli, où ils vont jusqu’à te demander la couleur de ton slip ! ;D Nous sommes un peu inquiets sur le verdict, d’autant plus que nous y allons au culot et tentons de demander 60 jours au lieu des 30 jours du visa de base. En effet, impossible de traverser la Chine en vélo en 1 mois !

Lundi matin, on a mis le réveil pour arriver à l’ambassade 1/2 heure avant l’ouverture des portes. Et heureusement ! Il y a déjà une longue file d’attente devant le bâtiment : des voyageurs étrangers mais également pas mal d’étudiants mongols qui partent étudier en Chine. Le policier de service nous distribue un ticket vert. On a les n° 36 à 39. Il doit y avoir une cinquantaine de tickets au total…ouf ! Ceux qui n’en ont pas, car ils sont en fin de file, pourront rentrer si tous les autres sont passés avant midi. Tous les voyageurs sont tendus et on s’interroge mutuellement sur les documents à fournir. Enfin, la porte s’ouvre devant nous. On doit tout de même jouer des coudes car les Mongols n’ayant pas de tickets ne se gênent pas pour faire le forcing ! Le policier referme la lourde porte métallique derrière nous. Deuxième file d’attente à l’intérieur. On voit d’autres européens se faire refouler au guichet. Pas de panique, ils nous expliquent qu’il faut juste certifier sur papier libre que l’administration française conserve les anciens passeports pour les détruire. Normalement, il aurait fallut montrer tous nos passeports. C’est notre tour. On se présente avec nos plus beaux sourires devant la jeune chinoise qui elle, visiblement, s’est levée du pied gauche et qui nous pose ses questions sèchement à travers la vitre blindée. Et ce micro qui grésille…euhhh…non, on a pas de copies de nos passeports car ce n’était pas mentionné dans la liste des documents…heureusement, son assistante accepte de nous les faire en soupirant. Puis vient la question fatidique : « why 60 days ? ». « Parce que la Chine est si belle et si grande que nous n’aurons jamais assez de 30 jours pour tout visiter, du Nord au Sud ! ». – gros silence – – vérification du faux billet d’avion – « OK ! » « Sérieux ? ». On n’ose pas y croire ! Il fallait juste le demander gentiment, en fait ! Elle nous tend le reçu qui permet de régler les visas à la banque d’en face et nous dit à vendredi.

DSC00504

En attendant nos visas, on apprécie la vie chez Froit et notre petite routine se met en place. Dans ce quartier à 2 pas des buildings et des malls du centre-ville, pas d’eau courante, pas d’évacuations et des coupures d’électricité récurrentes. Les toilettes sont écologiques et la douche est extérieure mais il y a de l’eau chaude. Un petit évier avec une réserve d’eau a également été installé à côté d’une bouilloire, car pas question de la boire telle quelle ! Pour alimenter tout ça, il faut se rendre à la pompe à eau à environ 1 kilomètre, une à deux fois par jour, avec un chariot et 3 bidons. Il en coûte 0,03 centimes d’€ le Litre. Les bidons d’eaux usées et le récupérateur d’urine sont vidés par nos soins directement dans la rivière au pied de la maison, ce qui nous rend malades, mais on n’a pas le choix.

DSC00542DSC00544DSC00510

On passe énormément de temps à discuter avec Julien et Richard, un Américain qui s’est installé chez Froit quelques jours plus tard avec son vélo couché. Ils parcourent le monde depuis tellement d’années qu’ils sont des sources inépuisables de conseils et d’anecdotes. De vrais routards. Le soir, la femme de Froit nous prépare de bons p’tits plats locaux, que l’on déguste tous ensemble sous la tonnelle.

DSC00558IMG_20170804_101407

On profite aussi de notre temps libre pour écumer les marchés et les temples de la ville. Les malls, eux, sont neufs et brillants mais déserts… nous on profite juste de leurs toilettes avec une vraie chasse d’eau! La nourriture ne coûte rien. Dans un petit restaurant local, on mange et on boit pour 2 pour environ 5€. On se refait donc une santé en goûtant tous les plats possibles, même si on commence à en avoir un peu marre du mouton, surtout quand il est servi avec le gras! ;D D’ailleurs, partout dans la ville, ça sent le mouton. Par terre, il y a des os et de la laine de mouton. C’est le plat de base par excellence et plus il est gras, plus ils trouvent ça bon !

DSC00505DSC00506DSC00509DSC00511DSC00515DSC00516DSC00523DSC00532DSC00535DSC00537DSC00498DSC00560DSC00561DSC00563DSC00564

En ce qui concerne le parc automobile, 9 voitures sur 10 sont des Toyota Prius, ce qui fait que la route n’est pas si bruyante. Le reste, ce sont des gros 4×4 vraiment balaises ou des Hummers. On apprendra plus tard que les Mongols bénéficient de gros avantages fiscaux s’ils achètent un 4×4, en raison de leur réseau de pistes défoncées…c’est le monde à l’envers ! Sinon, il faut juste savoir qu’en tant que piéton, tu n’existes pas, tu es même totalement invisible, et que, même si le feu est vert, tu dois faire extrêmement attention à ne pas te faire foncer dessus ! ;D Et puis on n’oubliera pas le fameux coup de klaxon, pour un oui ou pour un non mais, ça, c’est le charme de l’Asie ! ;D

Un jour, nous aidons Froit à démonter une de ses tentes qu’il a louée pour un festival à l’extérieur de la ville. Pour la première fois, nous découvrons la campagne, secoués dans son camion étant donné l’état des routes.

DSC00547DSC00551DSC00553

Il faut se frayer un chemin à grands coups de klaxon pour disperser les troupeaux de vaches, de moutons ou de chevaux qui squattent la chaussée et viennent boire dans les flaques des parkings défoncés.

DSC01133DSC01134

On remarque beaucoup de terrains vides et délimités par des clôtures et Froit nous explique que chaque famille de nomades à droit à 700 m² de terrain dans des zones spécifiques. Premier arrivé, premier servi. Certains ont donc réservé leur emplacement, dans l’attente d’y construire une maison ou d’y installer leur yourte. Chaque année, 40 000 nomades fuient les steppes hostiles pour la capitale. Les logements collectifs en construction sont donc nombreux. Les plus aisés, eux, s’installent en périphérie pour échapper à l’air irrespirable de la ville, chauffée au charbon pendant les 9 longs mois d’hiver.

Le vendredi 4 août, nous récupérons notre précieux visa chinois de 60 jours à l’ambassade et passons notre dernier week-end chez Froit. Le samedi, nous l’aidons une nouvelle fois à mettre en place sa tente-buvette près du stade et en profitons pour assister à un Naadam (jeux traditionnels mongols et fête bouddhiste). Les prières durent toute la matinée… on s’éclipse pour assister à la préparation du mouton à l’ancienne. Un grand moment d’hygiène et de respect de la chaîne du froid ! Ahah Les morceaux bien gras de mouton sont alternés avec des pierres chaudes, directement dans le faitout. Après avoir mijoté une heure, on se sert des pierres chaudes pour se « nettoyer » les mains. En plus de carrément nous brûler, les pierres sont grasses et nos mains pueront le mouton pendant de longues heures…quand Froit nous propose un verre de bouillon aussi épais que gras, on en peut plus. Ok, ici, il fait froid l’hiver et il faut tenir mais quand-même ! Beurk !

DSC00568

On retourne au stade pour assister à la lutte, aux chants et aux danses, très sympa à regarder. Devant nous, les moines distribuent de l’Airag dans les gradins. Vous savez, ce fameux lait fermenté que l’on évoque dès que l’on parle de la Mongolie. Et bien on vous le confirme, c’est dégueulasse ! Une petite mamie est toute contente de nous tendre le bol. 20 Mongols ont déjà bu dedans… je retiens mon souffle, je bois une petite gorgée et je m’efforce de sourire en essayant de refourguer le plus vite possible le bol à la dame derrière moi. Elle au moins, ça lui fait vraiment plaisir ! La vache, ce que c’est fort et acide ! Ils ont mis la bouse avec ou quoi? On doit pas avoir le palais préparé pour ça…

DSC00580DSC00574DSC00577DSC00578DSC00581DSC00585

Le dimanche, la veille de notre envol pour les steppes, on passe encore un grand moment ! Nous décidons d’anticiper et de nous rendre à la gare routière pour acheter notre ticket de bus pour le lendemain. (sur les conseils de Froit, nous avons décidé de relier Karakhorin en bus pour gagner quelques jours et s’éviter une route trop monotone avec du vent de face.) Après avoir fait la queue à 4 guichets différents, s’être faits refouler à ces 4 mêmes guichets car personne ne parlait anglais et s’être bien faits bousculer par les locaux qui sont plus pressés que tout le monde, on est un peu dépités. On a beau faire nos malins avec nos petits dessins de vélos, rien n’y fait : « no bikes ! ». Mais zut, on a pourtant discuté avec plusieurs groupes qui ont chargé leurs vélos dans des bus ! Ça doit bien être possible…on est dans une impasse. On se demande comment on va bien pouvoir faire quand on repère un jeune, qui a l’air bien sympa et qui, ouf, parle aussi super bien anglais ! On lui explique notre problème et il accepte avec plaisir de nous aider. On le voit parlementer avec plusieurs guichetières et même le gars de la sécurité. Il se démène vraiment pour nous et ça dure un bon moment. Verdict : il faut revenir demain matin bien avant que le bus ne parte et négocier le chargement des vélos directement avec le chauffeur. Et s’il accepte, alors seulement après, on pourra acheter nos billets. Super, ça va être simple encore, ce truc ! On remercie chaleureusement Chingys pour son aide et on s’échange nos profils Messenger au cas où on aurait un problème. Retour bredouille chez Froit en croisant les doigts pour qu’on puisse embarquer le lendemain. Le soir même, on reçoit plusieurs messages de Chingys. On se sait trop comment, il a réussi à appeler directement le chauffeur du bus et a pré-négocié notre voyage. Il nous envoie le prix pour les vélos (à régler au chauffeur, ah, ok, c’est ça l’astuce!) et la plaque d’immatriculation pour qu’on puisse savoir lequel c’est. Il n’imagine même pas comment il nous a simplifié la vie et on lui en est extrêmement reconnaissants.

Le lundi 7 août, c’est une matinée marathon qui nous attend ! Après avoir fait nos adieux à Froit, direction l’immigration, près de l’aéroport, pour prolonger nos visas. On ne pouvait pas le faire avant car nos passeports étaient à l’ambassade de Chine. Nous devons absolument y être pour l’ouverture à 8h30, car notre bus part à 11h, on a toujours pas les billets et c’est pas non plus la porte à côté ! Ça fait tout drôle de remonter sur les vélos après 10 jours d’inactivité. On pédale comme des fous pour être les premiers. Là encore, dossier à remplir, photo, expliquer pourquoi 30 jours ne nous suffisent pas, passage à la banque intégrée dans les bureaux (bon petit business) et hop, visa prolongé de 20 jours ! Il est 9h45. On pédale de nouveau comme des fous pour arriver à l’heure à la gare routière et trouver notre bus. Le chauffeur nous reconnaît et nous accueille avec un grand sourire. Il est 10h30. On s’assure que c’est bien ok pour les vélos, il ouvre les soutes et on se rend compte que nos chères montures vont être chargées…sur un gros tas de briques ! Magnifique…mais est-ce qu’on a le choix ? Ils auraient pas pu transporter du coton ? Ça nous aurait arrangé ! La soute de l’avion, à côté, c’était du pipi de chat ! ;D Bref, pendant qu’Alex galère avec deux autres gars pour démonter les roues, j’ai 20 minutes pour acheter nos billets. Et ça, c’est pas gagné ! Comme nous avions déjà pu le constater à l’ambassade, le concept de file d’attente est tout relatif en Mongolie. La patience, la discrétion et le savoir-vivre, ce n’est pas vraiment leur truc ! L’anarchie, par contre, oui ! ;D Si tu ne te colles pas au type de devant, tu es sûr que quelqu’un va s’intercaler. Tu restes zen quand tu vois que tu te fais doubler par 1, 2, 3, 4 personnes et puis après, quand tu sens que tu vas péter un câble, tu fais comme tout le monde, tu colles, tu pousses, tu donnes des coups de coude et tu tends tes passeports et ta monnaie directement sous le nez de la guichetière, ça c’est l’avantage d’être grande ! Je n’ai jamais été aussi grossière de toute ma vie mais visiblement, j’étais la seule que ça dérangeait ! Et je n’avais pas vraiment le choix…plus que 5 minutes avant le départ du bus !

DSC00589DSC00593DSC00595

On fait connaissance avec plusieurs autres voyageurs. On essaie de se renseigner sur la durée du trajet mais en fait, personne ne sait vraiment. Bah c’est pas grave, on arrivera quand on arrivera ! Vers 15h, le bus fait une pause-repas dans un hameau. Nous y rencontrons une Française qui vivait à Hong-Kong et qui ne voulait pas prendre l’avion pour rentrer en France. Comme nous, elle a donc choisi le vélo ! Le bus repart et notre voisin de devant, qui a aidé Alex à charger les vélos, est tout content de nous offrir un beignet de…mouton ! Ohhhhhh, comme c’est gentil ! Je suis morte de rire intérieurement. On essaie de pas trop regarder les bouts de gras à l’intérieur. Heureusement, il a mis du ketchup…

A 18h, on se fait déposer sur une espèce de terrain vague/arrêt de bus, au milieu de nulle part. En fait, Karakhorin, c’est tout petit ! On récupère les vélos qui ont pas mal morflé, mais qui roulent toujours ! On avait gardé en tête le contact d’Anja, que l’on avait rencontrée chez Froit. Coup de chance, son Eco-camp est tout proche et on décide de dormir chez elle ce soir-là. Elle accepte que l’on plante notre tente et en échange, on dîne dans sa yourte-restaurant, bien agréable ! Le lendemain, elle nous offre le petit déjeuner et nous aide même à élaborer notre parcours. Une super rencontre !

DSC00607

Karakhorin et la Vallée de l’Orkhon

Au moment de partir, nous faisons connaissance avec un groupe de cavalières françaises, qui partent pour 6 jours à cheval dans la Vallée de l’Orkhon. Elles sont super sympa et on est heureux de pouvoir discuter avec des compatriotes. On quitte Anja et les filles. Passage obligé au magnifique monastère d’Erdene Zuu : grandiose.

DSC00614DSC00615DSC00617DSC00621DSC00618DSC00635DSC00636DSC00641DSC00642

Puis un arrêt au supermarché s’impose pour remplir nos sacoches de nourriture. On quitte la civilisation pour un moment. Il faut qu’on soit autonomes pour 4 jours.

DSC00643

Il est temps de s’élancer sur les pistes avec pour premier objectif les chutes de l’Orkhon. Au bout de quelques kilomètres, on se regarde plein de doutes… ça va pas être facile ! Les pierres, les trous, le mauvais état des pistes en général, le dénivelé…dans quoi est-ce qu’on s’est embarqués ? Surtout qu’on évolue entre 1500 et 2000 m d’altitude avec un vent de face constant.

En contrepartie, on regarde autour de nous et ça suffit pour nous motiver. En effet, en ce qui concerne les paysages, la Mongolie a quelques bons arguments. Et dans la catégorie « Grands espaces », l’Oscar est décerné à…

DSC00646DSC00649DSC00652DSC00661DSC00665DSC00668DSC00672DSC00674DSC00676DSC00677DSC00680

Par hasard, on retrouve les Françaises pour le pique-nique du midi et même pour le bivouac du soir.

***photos à venir***

L’absence totale de bruit nous empêcherait presque de dormir. On est pas encore habitués…

On atteint les chutes 2 jours plus tard, sous la pluie et le froid. Ça non plus, on était plus habitués. La différence entre le jour et la nuit est considérable. Il est temps de sortir les polaires et les doudounes remisées au fond des sacoches. Quand le ciel se déchaîne, ça donne ça (sans retouches!):

DSC00687

On se réfugie dans un village de yourtes, où les enfants sont très intrigués par les vélos et veulent absolument participer au montage de la tente. Ils sont trop marrants. Toute la soirée, on verra les habitants défiler un par un pour nous saluer et voir à quoi on ressemble.

DSC00690DSC00694DSC00697

Le lendemain, le soleil daigne se montrer une petite heure avant de se cacher de nouveau. Juste le temps pour nous d’admirer les chutes sans grelotter.

DSC00715DSC00706DSC00684DSC00720

Et c’est reparti pour une journée de type fin du monde (pluie battante non-stop, vent constant de face et fort dénivelé). Nous perdons l’usage de nos doigts, ce qui est très embêtant étant donné les pentes raides et boueuses que l’on doit descendre, et à 16h à bout de forces et frigorifiés, nous demandons asile à la première yourte que l’on aperçoit. Un record : 40km en 5h ! On oscille entre 7 et 9km/h. Dans les descentes, on est tous contents d’atteindre les 12km/h…en pédalant !

On leur demande la permission de monter notre tente près de leur yourte mais il n’en est pas question pour l’instant, les nomades nous pressent à l’intérieur, nous installent près du poêle à bois qu’ils chargent au maximum et nous offrent du lait de yack chaud. Qu’est-ce que c’est réconfortant ! On met un long moment à se réchauffer et à sécher, pendant que les 7 enfants nous dévisagent en rigolant. On observe la maîtresse de maison qui confectionne avec dextérité des galettes pour le soir. Puis les hommes rentrent des pâturages à moto. On est hyper frustrés de ne pas pouvoir communiquer avec eux comme on l’aimerait mais on essaie quand-même, grâce à des gestes et à notre « Gépalémo » (petit guide du Routard avec plein de dessins de la vie courante). On leur montre aussi notre petit album de photos de famille. On rigole bien et on réussi quand-même à se faire comprendre. On observe la préparation du dîner : nouilles au mouton. On s’en serait pas doutés ! ;D Il n’empêche que cuisiné comme ça, c’est délicieux ! Pour les remercier, on leur offre des kiwis séchés et des gaufrettes qu’ils ont l’air de bien apprécier. Toutes les 2h environ, la femme part traire les juments. Alex aide à rentrer les jeunes yacks dans l’enclos pour la nuit, pendant que je fais la vaisselle dans le fond du plat, où notre hôte a simplement rajouté de l’eau chaude. Ça reste super gras et encore une fois, je m’endormirai avec les mains qui sentent le mouton ! Une fois couchés, les hommes viennent nous proposer de la vodka mais nous refusons car on nous a prévenu à maintes reprises que ça pouvait dégénérer. Le lendemain matin, nous sommes invités à prendre le petit déjeuner : du lait chaud et des biscuits tartinés de beurre battu la veille et encore frais. Pour les remercier, nous offrons des cahiers et des crayons aux enfants. (sur les conseils de Richard, nous avions fait un petit stock de fournitures avant de quitter la ville, plus utiles que les sucreries)

DSC00724DSC00740DSC00742DSC00739DSC00745

En marge de la beauté des paysages, on trouve dommage que les abords des pistes soient parsemés de bouteilles de vodka vides. Il y en a absolument partout, même quand tu crois être au bout du monde, comme c’est souvent ici. On a appris que l’alcoolisme est un des fléau du pays. Du à la pauvreté, à l’isolement ou aux conditions climatiques extrêmes ? Sûrement un peu des trois.

DSC01098

Le beau temps est revenu (mais notre ami le vent nous tient toujours compagnie) et nous nous attaquons à deux cols, dont l’un à plus de 2000 m, avant de redescendre vers les sources chaudes de Tsenker. La piste est cassante et éprouvante : boue, rocaille, gués à traverser à pied ou en portant les vélos. Malgré ça, les paysages sont à couper le souffle et correspondent à ce qu’on s’imagine de la Mongolie à travers les cartes postales. Tout le long du parcours, nous sommes encerclés par les animaux : chevaux sauvages, moutons, chèvres, yacks, aigles, il y en a partout ! (le pays compte 80 millions de têtes de bétail!) On reste émerveillés par les enfants de 10 ans qui montent à cheval comme des dieux et qui ont la charge de rabattre les troupeaux en criant. On ne se lassera jamais de ce spectacle.

DSC00748DSC00749DSC00777DSC00820DSC00847DSC00842

Nous arrivons après 72 km, encore une fois sur les rotules (il faut qu’on s’habitue), et constatons que pour profiter des bains chauds, tous privatisés, il faut forcément séjourner dans un des camps du village. Nous choisissons le plus reculé où la gérante nous laisse camper sur son terrain en échange de quelques consommations. Ils ont des bières mongoles fraîches ! On revit ! A la nuit tombée, on décompresse dans le spa extérieur fumant, alimenté par une eau qui sort de terre à 90°C. D’ailleurs, des locaux en profitent pour y faire durcir leurs œufs !

DSC00757DSC00758

Aux sources, on rencontre un groupe de taïwanaises et leurs guides qui nous offrent des œufs durs. Les filles, elles, s’amusent beaucoup à se prendre en photo avec un bel occidental. Alex joue le jeu avec le sourire !

DSC00780DSC00781DSC00787DSC00791DSC00796DSC00799DSC00801DSC00803

Comme on est crevés (enfin surtout moi ! ;D), on décide de rester une nuit supplémentaire, d’autant plus que les beignets au fromage frais proposés pour le petit déjeuner sont délicieux ! ;D Et puis ça nous laisse le temps de rédiger cet article !

DSC00770

Nous quittons les sources chaudes de Tsenker en direction de Tsetserleg. Il n’y a QUE 4 cols à passer au-dessus de 2000 m pour atteindre la ville. C’est notre nouveau jeu tous les matins désormais : « Combien y-a-t-il de cols à passer aujourd’hui ? ». En haut de chaque col, on peut trouver un monument, un tipi ou un totem orné d’écharpes en soie et de babioles bouddhistes. Une petite touche de couleurs dans ce paysage si verdoyant…

DSC00812

En arrivant à Tsetserleg, nous retrouvons la route, abandonnée depuis 6 jours maintenant. Je ne peux pas m’empêcher d’embrasser le bitume tellement je suis contente de retrouver un revêtement lisse. Plus de fesses broyées ni de bras secoués…;D

DSC00822

Avec leurs toits colorés, les petites maisons de bois ou de pierre égayent la montagne…

DSC00830DSC00838

La route se retransforme en piste gravillonnée le temps de passer le dernier col de la journée. Le dernier et le pire…il s’agit d’un axe principal où on se fait doubler par une foule de camionnettes, de 4×4 et de motos qui nous projettent des nuages de poussière. Interminable…mais de nouveau du goudron et de la descente jusqu’à Ikhtamir, où nous prévoyons de camper. En fait, ils ne bitument pas le col afin qu’il reste accessible en hiver. Les gravillons, ça adhère mieux !

Instantané 2 (31-08-2017 00-07)

Nous trouvons un super spot au bord de l’eau. Que le bain frais est agréable ! Les gens qui passent s’arrêtent à notre hauteur et font même descendre les enfants pour nous observer sans rien dire pendant de longues minutes. On leur dit bonjour et après, on les ignore jusqu’à temps qu’ils partent. On est habitués à être des bêtes de foire maintenant ! On se demande toujours s’ils vont nous lancer des cacahuètes ! ;D Tous les soirs, on y a le droit, même quand on pense être absolument seuls. Il y a toujours une moto, un cheval ou un 4×4 qui surgit de nulle part. Parfois, ils sont carrément sans gêne et regardent à l’intérieur de la tente. Mais bon, on sait que ce n’est que de la curiosité et on reste zen !

Comme d’habitude, au réveil le matin, nous sommes encerclés par les yacks et les chevaux sauvages qui broutent tranquillement autour de la tente. Ils nous tirent du sommeil avec leur bruits de naseaux… carrément mieux qu’une alarme de réveil ! ;D

Nous reprenons la route en direction de Tiriat. Encore 4 cols à gravir, avec du vent de face, forcément. Autour de nous, rien que de la steppe à perte de vue avec quelques yourtes disséminées ici et là. Au bout de 45 km à lutter contre Éole, un van s’arrête et le chauffeur propose de nous emmener. On est super méfiants car avant de partir, tout le monde nous avait prévenu qu’aucun service n’était gratuit et que le prix convenu au départ pouvait doubler voire tripler à l’arrivée. On lui demande donc combien il veut mais il balaye la question d’un geste. Rien, apparemment ! Bon, on tente ! Notre chauffeur s’avère être super sympa et désintéressé. Il nous fait faire un bond de 110 km en à peine 2 heures et s’arrête même à un canyon pour qu’on puisse prendre des photos ! On lui offre nos fameuses gaufrettes, on prend des selfies et on arrive tout de même à communiquer dans la bonne humeur. Il refuse l’argent qu’on souhaite lui donner à l’arrivée et nous explique que ça lui a fait plaisir. On est encore tombés sur quelqu’un de charmant ! Et on a gagné au moins 2 jours de vélo ! Oui, tricher un peu ne nous pose aucun problème ! ;D Surtout en Mongolie où le niveau de pédalage est carrément relevé !

DSC00874DSC00855DSC00868DSC00871

En Mongolie, on ne peut pas vraiment parler de tourisme de masse. En fait, les coins sympas sont tellement peu accessibles, que même les lieux d’intérêt restent très sauvages et peu fréquentés. C’est aussi ça que l’on a adoré en Mongolie : la pureté, le calme, le silence, l’absence de panneaux et de publicité. Un vrai repos pour le cerveau…

Allez, un dernier col à franchir avant d’atteindre notre but : le lac de Tsagaan Nuur. Encore un endroit merveilleux pour camper et se la couler douce au bord de l’eau.

DSC00887DSC00892DSC00900DSC00903DSC00928DSC00930

Sauf que le lendemain, on se rend compte qu’on a plus de sous ! Sachant que la prochaine grande ville est à 240 km, que nos réserves de nourriture sont presque à sec et qu’on a plus d’eau…c’est embêtant ! On pourrait toujours filtrer l’eau du lac mais elle est envahie de micro-billes d’algues vertes peu ragoûtantes…

Le plan, c’est que je garde les vélos pendant qu’Alex fait un saut à Tiriat en stop. Justement, un van arrive et les occupants en descendent pour nous prendre en photo. Il leur reste une place ? Parfait, Alex embarque avec eux pour la ville. La piste est tellement défoncée qu’il leur faudra 45 minutes pour faire 12 km. Et ce qu’on ne savait pas, c’est qu’il n’y a pas de distributeur à Tiriat. Alex est donc obligé de faire 2 épiceries qui proposent du cash-back (on paie le magasin en CB et ils nous rendent les espèces équivalentes) pour en tirer seulement 20€. Faudra faire avec ! Pour le retour, il tombe sur 3 amis mongols en week-end qui l’emmènent faire l’ascension du volcan Khorgoo Uul, pendant qu’au bord du lac, je me gèle les miches sous le déluge à l’attendre. ;D

Les 3 amis sont bien sympas et parlent bien anglais. On campera ensemble le soir et discuterons longuement autour d’un feu. Ici, tout le monde sait faire du feu. C’est même le BA.BA. Contrairement à chez nous, personne n’appelle les pompiers à la moindre fumée, au contraire, c’est leur survie ! Il sert à se réchauffer, à faire chauffer l’eau et à y faire cuire le traditionnel mouton.

20864122_1492191427470807_847244342_n

Ce même soir, nous rencontrons Jean-Yves et Giovanni, un Français et un Italien en vadrouille en stop depuis 3 mois. Un break pendant leurs études. Le rendez-vous est pris pour le petit déjeuner le lendemain. Ça papote dur et du coup, on ne décolle pas avant 11h.

DSC00933

On a pas fait 2 kilomètres que l’on tombe sur Alessandro, qui a quitté momentanément son guide et son groupe pour faire le tour du lac à pied, ainsi qu’Elise et Aymeric, en voyage de noces et en stop. On accroche si bien qu’on passera la fin de cette journée à marcher avec eux à côté de nos vélos. On improvise un pique-nique sur la plage et on bivouaque ensemble au carrefour de nos deux routes pour le jour suivant. Et en plus on est tombé sur des adeptes du tarot…notre tente 2 places a bien du mal à nous contenir tous les 4 mais on se tiendra chaud pour une soirée cartes.

DSC00936DSC00941DSC00938DSC00944DSC00949DSC00952

Ici, vive le filtre à eau, que l’on utilise de manière intensive. S’il fallait passer notre temps à acheter des bouteilles, on serait mal ! Les distances entre les points d’eau ou les épiceries sont parfois très grandes et nous buvons beaucoup à cause de la difficulté. Et on est pas en Europe : pas de fontaines, pas de pompes, pas d’eau courante potable. On est bien contents d’être autonomes sur ce point. Les nomades boivent l’eau des lacs ou des rivières après l’avoir fait bouillir. D’ailleurs, elle n’est jamais vraiment transparente ! On a pu en faire l’expérience dans les camps. Ça se voit moins avec un sachet de thé dedans! ;D

DSC00660

En Mongolie, les enfants sont d’une mignonnerie pas possible. Bien souvent, ils nous voient arriver de loin et courent à perdre haleine pour nous saluer au bord du chemin. On s’arrêterait bien à chaque fois pour leur distribuer des gaufrettes mais on aurait pas fini ! Alors nous aussi on leur fait de grands coucous et ils sont fous de joie.

DSC00658DSC00701DSC00821DSC01166

Les anciens aussi ont leur charme ! Entre mamie qui me fait une démonstration de danse et papy qui tente de m’expliquer que la cascade est sacrée… leur sourire est empreint de sagesse et de bienveillance et ils sont beaux dans leurs tenues traditionnelles.

DSC00699DSC00716

Ah oui, j’allais oublier le détail qui tue ! En Mongolie, il n’y a pas de ponts ! (ou alors seulement en périphérie des villes principales…et encore) Du coup, si tu n’as pas de 4×4 ou de cheval, t’es foutu ! Tu n’as plus qu’à te mouiller les pieds ! On ne compte plus le nombre de fois où on a dû passer à gué, voire carrément balancer les sacoches sur l’autre rive et porter les vélos car on avait de l’eau jusqu’aux cuisses. Comme ça, ça fait encore plus aventure ! ;D (comprenez, t’es encore plus crevé à la fin de la journée ! ah ah)

DSC00663DSC00750received_10214068336121423

Là, clairement, on a fait demi-tour 😦

DSC00670

A Tsenker, on a même vu ces deux voitures coincées devant une rivière. En fait, leur hôtel se trouvait de l’autre côté ! Ils auraient pu prévenir quand-même…ça nous a bien fait marrer.

DSC00806

Ah et aussi, un zoom sur le p’tit coin local pour le fun, sans porte la plupart du temps:

Mais revenons à nos moutons… ce qui n’est pas trop compliqué en Mongolie! ;D On se sépare à regrets d’Elise et Aymeric et prenons la direction de Jargalant, au nord, tandis qu’ils continuent vers l’Ouest. Encore un col à passer, beaucoup de pierres et du sable. On rencontre 2 cyclistes allemands qui se sont fait déposer en haut et qui profitent juste de la descente, pendant qu’une jeep porte leurs bagages. Ah ouais c’est sûr, c’est plus simple ! Là, on les envie un peu… On passe de l’autre côté du col et atterrissons dans une magnifique vallée verdoyante parcourue par une rivière. Dommage que le temps gris et la pluie ne nous permettent pas d’en profiter…

DSC00957DSC00959DSC00962DSC00965

On croise également un Mongol complètement ivre sur son cheval et qui nous fonce droit dessus ! Comme dit Alex : « heureusement que le cheval connaît la route ! ». Puis un deuxième, qui court après Alex en gesticulant et poussant des cris. Je l’évite en prenant une piste parallèle et on dévale ensemble la colline sans demander notre reste pour le semer! On atteint épuisés (en fait je crois que je vais arrêter de le dire car en Mongolie, on est épuisés tous les soirs!) le camp de Jargal Jiguur. La propriétaire accepte que l’on plante la tente sur le terrain annexe et on se jette sur une bière bien fraîche (ndlr : les Mongols savent brasser de la bière!).

DSC01074

Pour la seconde fois du séjour, on passe la soirée dans des bains chauds qui relaxent nos muscles douloureux. Rebelote, on est à court d’argent pour payer le dîner et le petit déjeuner. Alex part en quête d’une banque mais revient aussi sec, sans argent et dépité par la mauvaise ambiance de la ville (gens ivres ou mal-intentionnés). Heureusement, le camp accepte de nous changer des dollars. On est vraiment pas bons au niveau des sous…

DSC00969

La journée du lendemain est tout aussi éprouvante. Il faut remonter de 1000 m et franchir deux nouveaux cols. En haut du premier, on fait la connaissance d’un couple de quinquas allemands, qui comme nous, font une boucle avec leurs vélos de voyage. Et vraisemblablement, ils en bavent autant que nous. On se raconte nos vies respectives et ils nous conseillent d’éviter Shine-Ider, le village suivant, où la population d’alcooliques les a refroidit. Bon bah décidément… ;(

DSC00983DSC00978DSC00975

On en peut plus, de la steppe, surtout que l’orage et la pluie s’abattent sur nous pendant l’ascension du deuxième col, qui se termine en poussant. Il caille dans la descente et on trouve refuge dans une espèce de mini-cabane en bois désaffectée remplie de bouteilles vides. Mais au moins, on peut y rentrer les vélos et se changer. Comme c’est bouché à l’horizon, on décide de tenter un montage spécial pluie de la tente, et ça fonctionne plutôt bien ! On n’en sort pas avant le lendemain matin car la pluie ne s’est jamais arrêtée. Toujours avoir avec soi : un réchaud pour faire du thé, un jeu de Uno, des chaussettes en polaire ! ;D

DSC00989DSC00990

Le soleil semble décidément nous avoir abandonné. On replie donc la tente mouillée et faisons une halte à Shine-Ider pour le plein de provisions, qui devrait nous permettre de tenir 2 à 3 jours, le temps de rejoindre le prochain bled (et le goudron, soit dit en passant!). Les Allemands avaient raison, c’est vraiment pas joyeux comme coin ! On sent que l’averse nous guette une fois de plus et on est pas motivés, aujourd’hui. Même Alex est crevé et n’avance pas, ce qui est…totalement anormal ! En faisant un léger crochet, on devrait rejoindre un lac et un camp. On s’en fout si on ne fait que 20 km aujourd’hui, on y va ! Et on a bien fait : l’endroit est magique.

DSC00998DSC01002DSC01009DSC01010DSC01013DSC01015DSC01033DSC01040

La tente et la plupart de nos vêtements sont trempés alors, ce soir on se fait plaisir et on dort au chaud dans une yourte. Nous sommes tous seuls et les propriétaires sont aux petits soins, même si on a du mal à communiquer car ils ne parlent pas anglais ! Du coup, il y a maldonne sur le prix. Le prix que l’on pensait être pour 2 est en fait le prix par personne et une fois de plus, on n’a pas assez de liquide. Ça devient gonflant…Et vous oubliez le terminal de carte bleu dans la pampa… heureusement, après de longues discussions, ils acceptent que l’on paie en dollars. Ouf ! Alex se voyait déjà faire l’aller-retour à Shine-Ider. Les repas sont délicieux et ils ont remarqué nos vélos, si bien que les portions sont énormes ! Quand on finit un plat, un autre arrive ! Avec ça, on devrait reprendre des forces ! Notre yourte se transforme en sèche-linge géant et le poêle à bois central tourne à plein régime. Ce soir-là, le silence est assourdissant…

DSC01007DSC01043DSC01047DSC01050

La tempête nous tombe dessus dans la nuit et à l’heure du petit déj, ça n’a pas faiblit. Hors de question de monter sur un vélo dans ces conditions. On est tellement perdus que pas un seul véhicule ne passe, à qui on aurait pu demander de nous remonter à Moron, à 110km d’ici. Nous voilà otages du camp. Une aubaine pour le gérant mais pas pour notre portefeuille… la p’tite dame rallume notre poêle et c’est reparti pour un tour !

Le lendemain, la météo clémente et les pistes assez roulantes nous permettront de parcourir 112 km dans des paysages idylliques.

DSC01052DSC01064DSC01068DSC01069

On donnera tout pour rejoindre la « grande » ville de Moron, mais aussi le bitume ! Après, on rejoindra Oulan-Bator par la seule route du nord, sinon on y est encore dans 3 ans ! Forcément, une heure avant d’arriver, l’orage s’abat sur nous. Quand on sent la grêle fouetter notre visage et l’eau s’infiltrer dans nos chaussures, on s’empresse de trouver un petit hôtel car le mauvais temps commence sérieusement à nous peser. On reste 2 jours à Moron pour recharger les batteries, dans tous les sens du terme. Là encore, la ville n’a pas de réel intérêt. Il n’y a absolument rien à voir dans les villes mongoles. Il n’y a pas vraiment de centre, juste des petites maisons agglutinées, parfois quelques immeubles en dur mais pas de monuments ou autres lieux à visiter. La belle saison semble bel et bien être finie. D’ailleurs, beaucoup de nomades démontent leurs yourtes et on croise pas mal de petits camions qui contiennent meubles et maison.

En quittant Moron, c’est jour de fête, de belles descentes et du vent dans le dos nous permettent d’aligner 150 km sans même s’en rendre compte. Et on bat notre record de vitesse avec 70 km/h.

DSC01077DSC01091DSC01093

Les petites épiceries où on a pris l’habitude de se ravitailler  (l’avantage quand il ne fait pas beau, c’est qu’on fait exploser leurs chiffres de chips et de gaufrettes):

DSC00993DSC01131DSC01182

Et les petits restos de bord de route où on s’est arrêtés quelquefois. Tu sais que c’est un resto car il y a une photo délavée d’une assiette dessus. Sinon, à l’intérieur, c’est comme à la maison. Tu t’installes, il n’y a pas de menu, on t’apporte d’office du thé et le plat du jour. Le problème, c’est que c’est systématiquement du mouton. Du coup, on a vite arrêté !

DSC01086DSC01087DSC01102DSC01101

Le lendemain, alors que le soleil brille et qu’on est bien lancés, il se met à faire nuit tout d’un coup et le ciel se déchaîne une fois de plus au-dessus de nos têtes. Ça fait mal, la grêle, surtout quand le vent mongol te fouette le visage. Un gardien nous ouvre les portes de sa cahute pour que l’on puisse s’y réfugier. Le pauvre, en deux minutes, on lui a noyé son sol…les baskets remplies d’eau, on se motive à repartir mais 500 m plus loin, un resto routier nous tend les bras. On se réconforte avec du thé chaud (en faisant un peu la gueule, certes!).

DSC01112

Et on a pas le courage de repartir…la patronne ne veut pas nous laisser planter notre tente dans le coin. En plus, ils sont en plein dépeçage du mouton…À la place, elle nous envoie deux adorables petites filles qui nous demandent de les suivre. Elles nous guident jusqu’à un ancien hôtel et nous ouvre la porte. On est fous de joie ! Pouvoir dormir au sec et faire sécher nos affaires, y’a rien qui peut nous faire plus plaisir à ce moment-là ! Elles ont droit elles aussi à leurs cahiers et leurs crayons. Avant de reprendre la route le lendemain, on rend les clés et on remercie cette femme chaleureusement.

DSC01119DSC01121

Le soleil est revenu ! L’objectif du jour : le volcan d’Uran Togoo. On y arrive en milieu d’après-midi, ce qui nous laisse le temps pour l’ascension. Il n’y a pas vraiment de sentier, alors on monte tout droit. La montée est rapide et on prend pleine mesure de l’immensité de la plaine autour de nous. Purée, c’est vraiment vaste la Mongolie ! Arrivés en haut, grosse déception, le lac est à sec ! Bon, c’est un beau cratère quand-même !

DSC01142DSC01143DSC01149

Le lendemain, c’est parti pour les montagnes russes. Mais c’est quoi cette route ? On se concentre sur la vue et les petits détails pour tenir le coup…répondre aux coucous, aux klaxons et aux appels de phares nous prend aussi pas mal de temps!

DSC01127 (2)DSC01129DSC01136 (3)DSC01179DSC01180DSC01184

IMG_20170830_112455~2

Déjà que monter et descendre toute la journée, c’est épuisant, mais quand le vent se lève et qu’il se met à pleuvoir des trombes d’eau, c’est déprimant. On cherche tout de suite du regard où s’abriter mais tu es en Mongolie ! Pas un rocher, pas un arbre, pas le moindre refuge, juste un green de golf à perte de vue. Cette fois-ci, les bourrasques sont tellement violentes qu’elles nous font carrément sortir de la route. On voulait faire une vidéo mais impossible de tenir le téléphone… On est obligés de rouler penchés pour ne pas tomber et d’enfiler nos gants tant bien que mal pour ne pas geler des mains. Un calvaire… mais à part continuer jusqu’à la ville la plus proche, il n’y a pas vraiment d’autre alternative. On atteindra Erdenet péniblement en fin de journée, à la vitesse de 7 km/h.

DSC01187

Et on se jette sur le premier hôtel au bord de la route. Je sens que je vous ai fait rêver, là !! ;D Eh oui, un tour du monde à vélo, ce ne sont pas des vacances ! On bénit l’hôtelière qui, après nous avoir fait ranger nos vélos au garage, nous apporte une thermos d’eau chaude. C’est alors que l’on découvre la vue de notre chambre, la plus belle qu’on ai jamais eu. Allez, c’est cadeau :

DSC01191

La météo ne s’améliorant pas, on reste 2 jours. Lundi matin, bien reposés, on sort de l’hôtel et un grand soleil ainsi que 3 petit °C nous accueillent ! Eh bah on va ressortir les gants !

DSC01190DSC01196DSC01199

On quitte la route de nouveau pour rejoindre le Monastère d’Amarbayasgalant, un des rares monastères épargnés par les soviétiques lors de la destruction massive de 1937. Tu m’étonnes ! C’est que tu n’y vas pas par hasard ! 35 km de pistes défoncées, 3 cols et une vallée bien encaissée plus loin, enfin il apparaît ! Je pense que les Russes se sont dit : « Lâchez l’affaire, les gars, trop perdu celui-ci ! ». Sans GPS, on l’aurait peut-être jamais trouvé non plus. Ce n’est pas comme chez nous où tu as 10 panneaux directionnels et des pubs partout pour la moindre attraction touristique. Là, tu as un petit panneau discret au bord de la route qui t’indique que ce que tu cherches se situe à 35 km. Et après, tu te démerdes ! ;D

DSC01201DSC01205

Enfin bref, on a pas regretté ce gros crochet car l’endroit en vaut la peine :

DSC01223DSC01226DSC01238DSC01239DSC01253DSC01256DSC01259DSC01263DSC01266DSC01276DSC01277DSC01283DSC01293DSC01306DSC01324DSC01333DSC01337IMG_20170829_101842~2IMG_20170829_103914~2IMG_20170829_105643~2IMG_20170829_115513~2IMG_20170829_115648~3IMG_20170829_124947~2

On a même pu assister aux prières du matin :

DSC01241DSC01251

Déambuler au milieu des vieilles pierres en écoutant les moines marmonner leur prière en toile de fond, c’est magique !

A Darkhan, nous sautons in extremis dans un train en partance pour Oulan-Bator. Enfin, avant ça, il faut quand-même monter les marches de la gare avec les vélos et traverser toutes les voies pour rejoindre le train. Quoi? un pont? un tunnel? ah non, non, non! Encore un grand moment… ;D

DSC01347

Il est temps pour nous de rejoindre la capitale afin d’y organiser notre road trip dans le désert de Gobi !

Avec le recul, on se dit qu’il fallait être un peu fous pour parcourir la Mongolie à vélo. Si c’était à refaire…euhhh, joker !

A bientôt les amis… 😀

Publicités